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MILLE VINS VIEUX SOUS LES MERS 4

publié le 23 oct. 2013 à 00:42 par Mambaa DELION

Première épave du séjour avec la découverte du Carnatic

Ecrit par Niki, le 24 nov 2010 dans Récits de plongée |
longée du Dimanche 20 Juin 2010: Le Carnatic
Après notre plongée de réadaptation de ce matin, nous allons enfin plonger sur une épave.

D’ailleurs cela me fait penser que j’ai oublié de vous présenter cette deuxième semaine de croisière.

La première semaine, nous devions normalement faire la BDE qui s’est transformée pour raisons administratives en croisière Saint John’s et cette semaine, nous faisons la croisière Vertiges et Légendes dans laquelle nous allons pouvoir découvrir quelques épaves réputées de la Mer Rouge.

C’est donc avec une joie non dissimulée que j’ai écouté le briefing cet après-midi et que j’ai enfilé mon matos. Je frétille d’impatience rien qu’à l’idée de plonger sur une épave. Là il s’agit du Carnatic.

Je ne sais pas pourquoi, mais les épaves m’ont toujours attirées, peut être leur côté mystérieux et fantomatique, peut être leur histoire souvent glauque ou peut être encore la fascination de savoir que les épaves ont droit à une deuxième vie…
e ne sais pas, mais toujours est-il qu’à l’idée de plonger sur une épave je suis toujours un peu plus excitée que pour tout autre type de plongée. Bien sûr, toutes les histoires d’épaves ne se valent pas. Ces amas de tôles que nous prenons plaisir à visiter n’ont pas tous un passé glorieux  en revanche, leur histoire a fini au fond de l’eau suite à un naufrage plus ou moins dramatique. Dans le cas du Carnatic, il a coûté la vie  à une partie de l’équipage et à un certain nombre de ses passagers. Malgré tout, voyager dans l’histoire à travers la visite des épaves reste pour moi un moment de pur plaisir.

Bien qu’on puisse définir toutes les épaves par des attributs communs, chacune est unique en son genre. Il y en a des gigantesques, des minuscules, l’état de conservation varie de l’une à l’autre, certaines étaient des montres de puissances militaire de leur vivant alors que d’autres n’étaient que de simples barcasses de pêcheur, mais, toutes sans exception réveillent en moi la curiosité d’une enfant qui découvre un trésor.

Chaque épave est pour moi comme un coffre et j’adore me glisser timidement à l’intérieur pour y découvrir les vestiges d’un autre temps.

Le Carnatic est une belle épave de 89m. Certaines parties sont encore facilement identifiables bien qu’elle ait subit pas mal de dégâts. Seules les parties avant et arrière semblent conservées, pour le reste, c’est plutôt un amas de débris bordéliques. Mais, la silhouette de la dame garde encore un certain pouvoir de séduction malgré son âge déjà bien avancé.

Alors Carnatic, qui es-tu ? Sources Scubadata (en partie)

Le navire:

Navire marchand à propulsion mixte utilisé pour le transport de passagers
Chargement : bouteilles de vin, épices, lingots de cuivre
Nationalité : anglaise
Jauge: 1776 tonneaux
Longueur : 89 m.
Largeur : 9 m.
Chaudière : Humphrys and Tennat, Detford
Puissance : 11.870 CV
Vitesse : 12 noeuds

Le naufrage : Le 14 septembre 1869 contre le récif de Sha’ab Abu Nuhâs où d’autres épaves gisent également.

La mer était calme et le vent soufflait légèrement du nord. La navigation fut tranquille jusqu’à 1:30 du matin lorsque le commandant Jone fut réveillé en sursaut :

Long et étroit, le Carnatic avait un rayon de giration limité et demandait un certain temps pour changer de direction. Le choc fut violent, sur le récif de Sha’ab Abu Nuhâs qui culmine à 1 mètre sous la surface. Le bateau montait des 2/3 de sa longueur sur le récif pour y rester échoué. A bord, il n’y eut pas de panique, à la lumière des torches on vérifia les dégâts. Il fut décidé d’attendre l’aube et le navire fut allégé de sa cargaison. L’eau avait commencé à envahir les cales, et le vent se mit à souffler et drossait le Carnatic contre le récif. Les passagers avaient passés la nuit sur le pont, attendant l’ordre du capitaine de mettre à l’eau les chaloupes. A deux heures du matin, l’eau envahit la salle des machines éteignant la chaudière. Le commandant Jones compris que le navire était condamné et donna l’ordre d’évacuer le navire. Mais le drame se produisit : alourdi par l’eau et affaibli par l’assaut des vagues, le bateau se cassa en deux : la partie arrière glissa entrainant avec elle 27 passagers et membres d’équipage. Les survivants s’accrochaient à la proue qui émergait encore et grâce aux trois chaloupes sur les sept que comptait le navire, ils purent rejoindre l’île de Shadwan d’où ils furent recueillis par le Sumatra. La Lloyd’s organisa aussitôt une opération de récupération, sous la direction du capitaine Henry D.Grant, au cours de laquelle un scaphandrier à casque, (une technique qui en était alors à ses débuts), Stefan Saffrey y trouva deux cadavres. Il réussit à rallier le compartiment de la poste, à enfoncer la porte fermée à clef et, en quelques jours à récupérer du coffre fort 32.000 sterlings-or sur les 40.000 qui y avaient été placées, pour une valeur actuelle de 7 millions de $.
Les sacs postaux et 700 lingots de cuivre furent aussi récupérés, mais pas de trace des 8.000 sterling manquantes! Peut-être sont elles encore dans l’épave. Au cours des mois suivants, des plongeurs indigènes travaillèrent sur l’épave pour leur propre compte, récupérant tout ce qu’il pouvait, jusqu’à ce que ce coup de vent, en mars 1870, fasse glisser à son tour la proue sur le fond, laissant l’épave dans un oubli de plus d’un siècle.

Aujourd’hui encore, on trouve quelques tessons de bouteilles, vestiges de la cargaison du Carnatic

Après ce briefing détaillé, nous descendons sur la plateforme d’équipement du Nautile et essayons de ne pas perdre de temps histoire de faire parti des premiers à l’eau. Le Nautile est mouillé juste sur le Carnatic, ça ne devrait pas être trop compliqué de  trouver l’épave.

Nous prévoyons de ne pas trop nous attarder sur la partie arrière histoire d’y revenir quand tout le monde sera déjà passé. Je vous l’accorde, ce n’est absolument pas terrible en terme de profil de plongée, mais tant pis !

Malheureusement, une fois arrivés en bas, nous avons du mal à nous résoudre à laisser cette hélice sans avoir pris la peine d’en faire une photo au préalable. Du coup, Alain comme moi, nous arrêtons quelques instants pour immortaliser l’hélice avant de rejoindre la proue du navire, suivi de prêts par les autres palanquées.

Comme je vous l’ai dit, durant la semaine nous formerons essentiellement une palanquée de 3 plongeurs avec Alain, car Cathy, sa femme, est en formation N3.

La pauvre, elle va passer une partie de son temps à faire des yo-yo et elle ne profitera que peu de l’épave.

Je me suis longtemps demandée s’il valait mieux passer ses niveaux en France chez soi ou à l’occasion d’un voyage dans des mers plus chaudes…

A vrai dire, je n’ai pas vraiment de réponse toute faite. En ce qui me concerne, je pense que ça me gonflerai de ne pas profiter pleinement de mes plongées en mer chaude, d’un autre côté, j’ai l’avantage de vivre au bord de mer toute l’année … Dans mon cas, la réponse est plutôt simple en fait.

Bref, après avoir visité la proue du Carnatic, nous revenons sur nos pas tranquillement. Je rentre un instant à l’intérieur de l’épave pour admirer les Glass fish qui se sont mis à l’abri dans l’épave.

Le passage étant suffisamment grand pour pénétrer dans l’épave, je me laisse glisser presque jusqu’au fond en me servant de la lampe pilote de mon flash comme phare.

Je tente quelques photos, mais j’avoue ne pas être vraiment au point pour les photos d’épaves. Mes réglages ne sont pas des plus judicieux.

Pendant que je progresse à l’intérieur, Fred suit mon évolution de l’extérieur.

Voici une partie de la structure métallique encore intacte vue de l’intérieur de l’épave.

Je sors maintenant de la structure et rejoins les garçons qui remontent le long d’un des deux mâts, posés sur le sable et perpendiculaires à l’épave. Il a l’air immense. J’ai toujours un peu de mal à imaginer la taille que devait faire le bateau en vrai. Je vois bien qu’il était grand, mais couché comme ça sur son flanc bâbord il a l’air moins impressionnant que ce qu’il devait être dans la réalité.

http://www.nikidive.com/2010/11/24/premiere-epave-du-sejour-avec-la-decouverte-du-carnatic/

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