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MILLE VINS VIEUX SOUS LES MERS 3

publié le 23 oct. 2013 à 00:41 par Arnaud DELION
L' île du Grand Rouveau

C'est un ravissement en toute saison, pour le promeneur qui a la chance d'accoster sur l'île et d'en faire le tour.

Sur le sommet de cette île de 5,5 hectares fut construit en 1861, un phare qui signale outre le mouillage du Brusc, les entrées des ports de Bandol, Sanary, la Coudoulière et des Embiez et la proximité d'écueils très dangereux sur une route maritime fréquentée depuis la plus haute antiquité, la route de Massalia (Marseille), cité grecque phocéenne.
Ce fut par le passé, un simple phare à feux dont la lanterne brulait de l’huile végétale (1863) puis de l’huile minérale (1875), de la vapeur de pétrole (1904) avant qu’il ne soit électrifié et automatisé (1976).

e fanal du phare de l'île du Rouveau signale la proximité d'écueils très dangereux et sert à guider la marche des navires. Actuellement automatisé, ses batteries d'accumulateurs sont alimentées en courant électrique par une éolienne. Le phare et ses batiments sont classés dans l'Inventaire du Patrimoine de France.

          L’île du Rouveau a été récemment acquise par le Conservatoire du Littoral créé en 1975 dont la mission est d’acquérir des espaces naturels et des paysages sur les rivages maritimes et lacustres de France et d’outre-mer afin d’assurer leur protection définitive.

Les naufrages.

Dans les parages du Cap Sicié et de l’Archipel des Embiez, la navigation à voile était dangereuse par fort coup de vent et les naufrages furent nombreux, comme en témoignent les nombreuses épaves découvertes. C’est une des raisons pour lesquelles les Massaliètes (1) installèrent dès le IIIème siècle avant J.C., un comptoir du nom de « taurœïs » qui devint « taurœntum » après l’occupation romaine 600 ans avant J.C puis "Le Brusc". Leurs navires marchands pouvaient se réfugier au Brusc par vent d’est et dans l’Île des Embiez par mistral.

Citons :
- Une épave romaine du IV ème siècle avant J.-C, découverte par 35-45 mètres de fond; elle a délivré de nombreuses amphores qui servaient au transport, de vin, d’huile ou de saumures (jus à base de poissons).

- Une épave du Ier siècle avant J.-C., découverte par Gérad Loridon par 10 mètres de fond, au nord du Grand Rouveau, a livré une cargaison de tuiles romaines massaliètes, ce qui est très rare; plates ou tegulæ avec les bords latéraux relevés, à section semi-circulaire ou imbrices et de nombreux débris de céramiques.

- Une épave datée du II siècle après J.-C., « l’épave de verre » découverte en 1993; elle se situe par 56 mètres de fond à l’ouest de l’Île des Embiez. Le bateau d’une quinzaine de mètres de long, transportait des produits verrier : blocs de verre brut, vaisselles et verre à vitre.

- Une épave du XIX° siècle dite "l'épave des médailles" qui gisait par 36 mètres de profondeur à 900 mètres à l’ouest du Grand Rouveau. C’est le 19 novembre 1834, qu’un brick napolitain, « le Jason », partît de Marseille pour Naples, fît naufrage au cours d’une tempête qui lui brisa le gouvernail et le panneau arrière. Sa cargaison hétéroclite, médailles, crucifix, bronzes, faïences, porcelaines, fioles à parfum, boutons, monnaies, bouteilles de vin de Bordeaux et de Champagne découverts, apporte de précieux renseignements sur le commerce dit « de pacotille » à cette époque. Une partie des objets retrouvés peut être vue au musée du Fort Saint-Pierre.
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